Lettre de Denis Pélissié, citoyen tarnais

Messieurs les élus du Tarn,

L’appel à la manifestation lancé par Sylvain Fernandez, président de l’association des maires et élus du Tarn, le samedi 15 novembre, est une provocation alors que l’on sait aujourd’hui dans quelles circonstances la décision de créer cette retenue d’eau à Sivens a été prise. Médiapart, le Monde, Libération, le Nouvel Observateur s’en sont fait largement l’écho… Conflits d’intérêt, choix de ce site car le coût des travaux était plus important qu’ailleurs… La compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne, l’agence de l’eau Adour-Garonne avaient tout intérêt à préconiser la construction d’un tel ouvrage: on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, surtout quand c’est de l’argent public qui est en jeu. Bien évidemment, revenir en arrière demanderait en effet que vous vous remettiez en question; faudrait-il d’autres victimes pour qu’enfin vous n’alliez pas plus loin ? Il existe d’autres solutions que le rapport de force, notamment le dialogue, une concertation sur le fond du dossier. Je suis un modéré, républicain dans l’âme, respectueux des élus d’une manière générale. Cependant, je sais trop le prix des divisions, des crispations… Cela peut provoquer une exacerbation de la colère alors qu’il faut dans ce débat de la sérénité, le sens de l’écoute et de la tolérance. Sivens témoigne des dérives de notre société, de ses travers; on ne peut aménager n’importe comment et à n’importe quel coût; il faut penser différemment les projets en considérant leur impact sur l’environnement, leur intérêt sur le long terme… Il faut prendre la mesure de chaque chose et cela passe par des études contradictoires, provenant de plusieurs organismes, ce qui n’a pas été le cas pour Sivens: dans ce cas précis, la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne dont l’un des élus du Conseil général est le vice-président, a mené les études, doit construire la retenue et même l’exploiter… Cela ne devra plus jamais se faire ainsi dans une démocratie moderne, ouverte sur le monde et dans laquelle il faut faire confiance aux citoyens. Oui, Sivens est emblématique d’un système qui est à bout de souffle, d’une démocratie représentative qui a trouvé là ses limites. C’est aussi le symbole d’un monde ancien, d’une époque où les préoccupations environnementales venaient au second plan, où l’on encourageait les projets soi disant structurants sans se soucier du lendemain… Je voudrais ici dire un dernier mot concernant un certain syndicalisme agricole que j’ai vu à l’acte à Toulouse mercredi dernier, le 5 novembre… Jets de purin contre des bâtiments publics, trottoirs souillés par des tonnes de fumier y compris la station de métro Jean Jaurès, des ragondins jetés contre les grilles de la préfecture, comme à Nantes, soit un acte de maltraitance, des tas d’oignons déversés sur la voie publique… sans que les forces de l’ordre soient pour autant intervenues. Il semble que la FNSEA ait bénéficié d’une certaine bienveillance de la part des pouvoirs publics malgré ces dégâts: deux poids, deux mesures… Comprenez que certains puissent voir là une forme d’injustice.

Denis Pélissié, citoyen tarnais.

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