Christophe JUAN – Adjoint au Maire de Couffouleux

Monsieur le Président,

Je viens de prendre connaissance de votre message. Je dois vous avouer que son contenu me choque, en tant que citoyen, mais aussi en tant qu’élu, puisque c’est à ce titre que vous m’écrivez.

Il me choque parce qu’il intervient à un moment où l’apaisement est des plus nécessaire, appelé de ses vœux par la Ministre de l’Écologie. Je reconnais, certes, que le sens des responsabilités qu’a montré cette dernière en la circonstance est des plus relatifs, puisqu’elle a fait semblant de découvrir un projet d’aménagement que les services de l’État ont estimé nécessaire il y a plusieurs années et ont accepté de financer. Mais, après le décès d’un manifestant, et sans que l’on sache pour le moment quel enchaînement de circonstances a conduit à sa mort, il m’apparaît peu « apaisant » de se réjouir de la façon dont les services de maintien de l’ordre républicain ont justement « maintenu » ce dernier.

Or, vous nous invitez à adresser à Monsieur le Préfet, représentant ce même État dans le département, ainsi qu’au Président du Conseil Général du Tarn un courrier de soutien, dont vous nous fournissez le modèle. Je tiens à vous assurer que je respecte ces personnes et ce qu’elles représentent. Je pense aussi être respectueux du personnel des administrations d’État, les services de police et de gendarmerie notamment, et des collectivités territoriales : je n’approuve pas, à titre personnel, les insultes et agressions dont elles pu souffrir dans le cadre des désaccords liés au projet de la retenue de Sivens. Mais je n’approuve pas, de la même façon, que dans l’exercice, difficile, de leurs missions, les forces de police et de gendarmerie dépassent de loin la mesure qu’on est en droit d’attendre de leur part : que ce soit dans leurs mots ou dans l’usage de leur moyens d’action. Mesure qu’elles sont bien capables d’observer dans d’autres circonstances, lorsque, par exemple, les personnes répondant à l’appel des syndicats agricoles mènent des actions de dégradation des biens publics. Je n’enverrai donc pas ce courrier.

Tout comme je ne répondrai pas à l’invitation que vous nous faites à rejoindre les rangs du rassemblement « citoyen et pacifique » initié par l’association Tarn Ruralité (qui regroupe les fédérations départementales de chasseurs, pêcheurs, le syndicat des propriétaires sylviculteurs, la FDSEA et la Chambre d’Agriculture) prévu le 15 novembre à Albi. Je ne souhaite pas être associé à cet appel, tout comme, je pense, un certain nombre de Tarnais.

Vous écrivez dans votre message : « Il me paraît urgent de rappeler que dans un état de Droit, les décisions prises par les élus, dans le respect des règles démocratiques, ne sauraient en aucun cas être remises en question. » Pour ma part, je ne pense pas que légalité soit forcément synonyme de légitimité et donc, qu’en toutes circonstances, le respect des règles démocratiques n’exonère en rien les représentants des citoyens de leur devoir d’accepter, une fois élus, d’être mis en question et de rendre des comptes à tout ou partie de ces citoyens.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en mes sentiments respectueux.

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