Encore BRAVO !

Je trouve tout à fait intéressant de regarder les photos et vidéos de la manifestation de samedi (15 nov) à laquelle le Président de l’Association des Maires du Tarn avait appelé les quelques 3000 élus du département aux côtés de la FNSEA (très présente, mais calme -exceptionnellement- ce jour-là).

J’espère que les quelques élus socialistes qui y ont participé n’ont pas été trop gênés par la présence de la droite et l’extrême droite très fortement représentées. Au moins cela a le mérite de donner de la lisibilité à la politique choisie.
Et si messieurs Valls et Cazeneuve sont payés pour discréditer le Parti Socialiste, on peut les ranger au placard et cesser les violences policières,
le travail est fait et bien fait!
Encore BRAVO !
Catherine DAMIANO
Et si vous avez un peu de temps, lisez ce témoignage d’un manifestant maltraité par les forces de l’ordre lors de la manifestation du samedi précédent.
Une vidéo correspondante figure encore sur le « cahier de doléances des citoyens tarnais »   https://cahierdedoleancedutarn.wordpress.com/   à l’article:    « Regardez! Ils vous font peur? »    Visionnez ici la vidéo
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Billet d’humeur d’un citoyen ni écolo, ni bobo

Le  15 novembre prochain, un rassemblement sera organisé pour le maintien de la réalisation du barrage de Sivens et dont le thème est : «laissez nous décider de notre avenir en respectant les décisions de nos élus, non à la violence et anticipons les changements climatiques».

 

Concernant les décisions « incontestables » d’avenir prises par les élus, il me semble important de citer  l’exemple édifiant pour lequel les élus ont contourné, bafoué la loi : le barrage de Fourogue.

Dans un état de Droit, les décisions de justice se doivent d’être respectées n’est-ce-pas ?

Et pourtant, le conseil général a ignoré une décision de justice ordonnant l’arrêt des travaux de Fourogue et a continué son entreprise au mépris total du Droit. Quel est donc aujourd’hui l’ampleur du gouffre financier de cet ouvrage et son état ?

Une  conscience éclairée ne peut qu’approuver les citoyens qui ont fait le choix judicieux de ne pas laisser aux élus le pouvoir absolu de décider de leur avenir  et ont contribué à une remise en question des décisions d’élus qui dans ce cas, vous en conviendrez, se devaient de ne pas être respectées.

Il en est de même pour Sivens. (qui vole un œuf… vole un bœuf !!!)

Est-il si utile de brandir comme un fer de lance l’Etat de droit en oubliant ses devoirs les plus simples et élémentaires ? Sur ce dernier point, une lettre honore son auteur car elle nous livre un  empressement déconcertant à remercier des personnes qui non seulement contournent la loi (Cf. plus haut et plus bas) mais délèguent à tuer !

Le chien aboie…. et la caravane passe…

A l’heure où chacune et chacun déplore avec une immense et douloureuse tristesse le décès de Rémi, 21 ans, mort sous l’explosion d’une grenade offensive, sous l’attaque de forces policières répressives, alors que les siens sont dans une sourde peine, un appel à manifester est lancé afin de soutenir les travaux forcés d’un ouvrage dénoncé depuis de si nombreux mois par des collectifs bien informés mais également par les experts de Madame Royal et ce, avant même que les nouveaux experts diligentés par notre Ministre n’aient entrepris et conclu de nouvelles études et qu’un dialogue ne soit réellement entrepris avec toutes et tous. (TOUTES et TOUS !).

Il s’agit là d’un « rabattage interventionniste» sur une réalité dramatique qui témoigne aujourd’hui d’une sensibilité extrême et porte l’empreinte dramatique d’un symbole mortifère. Cette attitude révèle un appétit morbide.

Après l’abattage, le rabattage !!! quelle honte !!!

Sont-ce l’avidité de pouvoir, l’indécence, l’orgueil où une perspective politique électoraliste de café de commerce qui motivent cet appel ? car finalement, qu’est-ce donc qu’un bout de papier signant la réalisation d’un ouvrage controversé dont on sait qu’il ne servira qu’à quelques uns et qu’il est aux antipodes des solutions au réchauffement climatique et à la sauvegarde de l’eau… au regard d’une vie ? de deux… trois…. de l’Humanité ?

Concernant l’envoi d’un certain modèle de rédaction aux élues/us, il me plonge dans des incertitudes gênantes car il jette un sérieux doute sur leurs capacités à réfléchir sur des questions essentielles voire vitales et donc à prendre de justes décisions (que le citoyen se doit de respecter…). Il suggère en effet une remise en cause de leurs qualités rédactionnelles, de leurs potentiels de réflexion. Sont-ils illettrés ? La demande de ralliement corporatiste sous la formule « prêt à envoyer » est consternante.

Après la formule « prêt à envoyer », la formule « prêt à vomir »….. dont extrait : « Je tiens à vous témoigner ma solidarité et vous exprimer ma gratitude ainsi qu’à toutes celles et ceux qui ont contribué avec courage à faire avancer le choix des collectivités pour servir l’intérêt général ».

De quel intérêt général s’agit-il ?

Si c’est celui de faire passer en force un projet illégitime et dont les manquements tant techniques que financiers ont été révélés depuis de longs mois et de plus, confirmés par experts ? cet intérêt général me donne envie de vomir….

De quel courage s’agit-il ?

Si c’est celui de faire taire les voix citoyennes et les oppositions pacifistes par l’extrême violence d’une milice policière suréquipée qui cogne férocement, tabasse violemment, vole, détruit, harcèle, gaze, menace, brûle, blesse, mutile et TUE…. ? ce courage là décrit toute l’ampleur d’une terrible laideur !!  indescriptible laideur tant au-dedans qu’au-dehors !!! aux relents nauséabonds de bassesse courtisane….. évocateur d’une Histoire ayant laissé perpétrer des actes abjects.

Rémi est mort sous la violence effroyable de l’Etat ne l’oubliez pas, JAMAIS !!!!

La forme et le fond de cet appel à manifester sont déconcertants (voire ignobles) et celles et ceux qui leur donneront du crédit porteront une marque, celle du discrédit.

L’agriculture est malmenée car elle ne fait plus sens tant elle est éloignée des connaissances nouvelles en matière d’agronomie et des découvertes prodigieuses sur les interactions, synergies entre les différentes espèces, tant elle est éloignée de la préservation d’une terre fertile.

L’argent public finance désormais sans commune mesure la marchandisation d’espaces publics. (OL Landes à Décines = + 50 % de surfaces commerciales avec des plus-values offertes « clés en main »…)  bien que la France soit sous la coupe d’un plan historique d’austérité nommé dette ou crise (c’est selon) alors qu’il correspond au plus grand hold-up de ce siècle. Nous emboîtons le pas à la Grèce et en connaissons les dramatiques conséquences.

La réalisation de nombreux ouvrages qualifiés à l’emporte pièce (sonnante et trébuchante ?) « d’utilité publique » ne donne aucun signe progressiste respectueux de l’environnement et des hommes. Les territoires sont saignés à grands coups de pelleteuses et signent notre déclin.

160 hectares de terres sont accaparés chaque jour en France pour des projets aussi coûteux qu’inutiles car certains élus.ues rejettent avec un autoritarisme méprisant des alternatives cohérentes et moins ruineuses  qui leur sont intelligemment proposées. Quelles sont d’ailleurs les réelles motivations de ces élus… ?? Chercher la vérité a écrit un élu… et vous trouverez le mensonge….

Cette agriculture n’appréhende la Terre qu’en termes de rendements à l’hectare et de traitements pollueurs qui l’épuisent et la rendent infertile par la sur-utilisation d’une chimie dévastatrice vendue par les mêmes multinationales qui ont produit le Ziclon B (vous vous souvenez ?), ou l’agent orange (vous vous rappelez ?).

Cette agriculture n’est plus nourricière mais biocide, ni généreuse car spéculatrice (céréales, OGM, semences hybrides, méthane et l’usine des 1000 vaches, bio-éthanol, subventions ect… ),  et donc, ne répond plus à sa vocation première.

Cette agriculture tue la biodiversité, les écosystèmes protecteurs du vivant, participe pour plus de 14 % au réchauffement climatique par l’effet de serre avant même que les semences ne soient en terre, lamine les sols qui ne peuvent plus retenir l’eau car dépourvus d’ancrages multi-racinaires et de l’humus nécessaires.

Cette agriculture instaure de nouvelles entités gigantesques dans un stupéfiant mépris de la Vie (et de la modeste et essentielle paysannerie dont nous avons un besoin, vital), asservit les agriculteurs, les endette et les musèle.

Cette agriculture là est devenue malade.

Les plantes sont malades (traitement des graines, engrais, fongicides, pesticides ect…), les animaux sont malades (antibiotiques, hormones, OGM, prion, E.coli ect….), les gens sont malades (perturbations endocriniennes, stérilité alarmante chez les jeunes, résistance aux antibiotiques ect….), les agriculteurs sont malades (leucémies, cancers…).

Cette agriculture se range du côté d’un modèle agricole industriel archaïque d’après-guerre, orienté pour « alimenter » un système de profits indécents, criminels (un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné – Nations Unies – Rapporteurs Olivier DE SCHUTTER et Jean ZIEGLER), au lieu de plébisciter les cultures de qualité qui nourrissent bien et sain, préservent les ressources, la santé et représentent un véritable vivier d’économies locales, créatrices d’emplois et sauvegardent tant les territoires (magnifiques… dont le Testet) que les hommes et encouragent le tissage d’un lien social ténu. Ces cultures de qualité induisent de fait la réduction des dépenses publiques et coûts de production (intrants, gasoil, dépollution, aides publiques, soins, médicaments ect…). Cultures de qualité qui permettent de redonner du sens au métier des agriculteurs en leur rendant la dignité qu’ils méritent face à ces machines à broyer que sont les multinationales agro-pharmaco-toxiques, en les redirigeant non pas vers les sciences de la mort mais les sciences de la Vie et  participent d’une autonomie locale oubliée.

Alors l’appel du 15/11 pourrait-il  dénoncer cette violence froide, silencieuse et insidieuse décrite ci-dessus et dont les membres appelant à manifester se portent directement ou indirectement caution ou en sont les victimes ?

Par ailleurs, afin de répondre à une conception de la démocratie et de l’ordre républicain, un appel sera t’il lancé pour manifester contre les personnes qui ne veulent pas respecter la réglementation sur les nitrates ? ceux-là même qui dégradent les biens publics en épandant du lisier et du fumier sur les chaussées et bâtiments publics, font exploser des bombes dans les centres des impôts et MSA, massacrent les ragondins ect…

Pourtant ne devraient-ils pas respecter cette réglementation ordonnée il y a 23 ans déjà (Directive de décembre 91) ? « dont  certains peuvent penser qu’elle n’est pas démocratique, alors que d’autres pourront penser qu’elle n’existerait pas si les premiers n’avaient pas abusé des nitrates au point de pourrir de nombreuses nappes phréatiques et ce, au point de voir condamner la France (donc les contribuables) à payer des sommes astronomiques à l’UE et au point de voir justement ériger ces normes contraignantes…, qui sont donc contestées publiquement par des « arroseurs arrosés », ce qui est un comble vous en conviendrez…. » (Citation)

Une question mérite réflexion : les opposants à cette réglementation et casseurs de biens publics ont-ils subi les interventions policières par des tirs tendus de flashball ? des lancers de grenades offensives ? se sont-il vus volés et brûlés leurs affaires personnelles par les gendarmes mobiles ? leurs  voitures ont-elles été détruites par les gendarmes mobiles ? ont-ils été harcelés ? gazés ? menacés ? insultés ? blessés ? mutilés ? tués ? par des gendarmes mobiles ?

Défendre des intérêts privés au nom d’une démocratie, au nom d’un ordre républicain, tous deux en faillite… défendre les intérêts privés de quelques uns au détriment de la sauvegarde du bien collectif, sont des comportements indignes d’élus.

Etre titulaire d’un mandat ne devrait JAMAIS faire oublier aux élus que les citoyens qui les ont élus, leur ont donné mandat pour être JUSTEMENT représentés, sans aucun manquement au devoir d’intégrité, d’honnêteté  ET entendus, écoutés, respectés.

L’obstination incompréhensible (capricieuse ?), injustifiée et le mutisme sidérant d’élus ayant déjà vécu l’expérience de Fourogue qui aurait dû porter ses fruits a provoqué plus qu’un désastre :  la mort !!!

Oui, l’erreur est humaine et un mea-culpa « en temps opportun » aurait été tout à fait recevable, aurait pu être entendu.

Oui, un geste humble et compréhensif aurait été vivement salué, applaudi.

Mais il est trop tard, Rémi est mort et d’autres sont mutilés à vie…

Rémi a été tué par une grenade d’attaque (dont la dangerosité mortelle ne pouvait être ignorée par les donneurs d’ordre au plus haut niveau et utilisateurs…), des ordres d’intervention ont donc été transmis bien qu’il n’y ait rien à défendre.

L’appel et son « rabattage » ainsi que « les gratitudes solidaires » soutiennent, de fait,  un arsenal de répressions policières meurtrières (agissant par tous moyens à leurs convenances), de surcroît ayant été logé dans les écoles publiques et tentent de légitimer les exactions de celles et ceux qui ont décidé, ordonné et autorisé un odieux passage en force au risque de blesser, mutiler, tuer. Quelle ignominie !!!

Quant au coût de l’ouvrage du Testet, il s’élève à environ 10 millions d’euros sans compter les factures nécessaires à son entretien.

Le plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale a été adopté par le Gouvernement le 21 janvier 2013 lors de la réunion du Comité interministériel de lutte contre les exclusions (CILE). Dans le Tarn, une rencontre a été organisée entre les services de l’Etat, les élus, la CPAM, la CAF, la Banque de France et les associations.

Un diagnostic en matière de pauvreté et de précarité y a été présenté. Il a montré que dans ce département, un nombre élevé de personnes était en situation de précarité. Plus de 15 % de la population tarnaise se situe sous le seuil de pauvreté.

Ce taux de 15 % m’interpelle au regard des 10 millions d’euros que le barrage va «POMPER» ?

Ces 10 millions pourraient-ils permettre d’amorcer un changement s’ils étaient orientés vers des reconversions agricoles durables et nourricières, économes en eau et vers une économie solidaire ? et d’entreprendre une mutualisation des retenues collinaires dont la sous-utilisation est désormais avérée ?

 « Les générations futures nous reprocheront notre imprévision si nous n’agissons pas tout de suite.»  Le dire c’est bien, le comprendre c’est mieux !!

Toute ma gratitude et mes remerciements vont vers ces femmes jeunes et moins jeunes, ces hommes jeunes et moins jeunes, quels que soient leurs modes d’expressions, leur look, leur statut social et professionnel, leur nationalité, représentant une incroyable et riche mixité, ces femmes, ces hommes, vaillants et braves, résistants à l’irresponsabilité d’une oligarchie répressive et l’inconscience d’un capitalisme oisif. Ils ont fait preuve d’un immense courage. Je les remercie de leur persévérance à dire, à faire malgré les violents écueils, de leur fabuleuse générosité et clairvoyance hors du commun, de leur extraordinaire créativité et de leur pacifisme durement éprouvé.

Oui, je les remercie de résister au risque d’y perdre leur Vie face à une répression immonde.

Rémi a payé le tribut de ce que les générations précédentes ont laissé faire sans sourciller, en toute impunité.

Je remercie également ces agricultrices et agriculteurs qui se sont engagés dans des filières de productions de qualité et respectueuses du Vivant. Ils sont solidaires, courageux, vaillants  et soucieux du Devenir de tous. Ils connaissent la Terre, l’utilisent intelligemment et la respectent.

Puissent-ils être soutenus, aidés et encouragés sur ce beau chemin. Leur dur labeur nous permet d’avoir accès à des aliments locaux, de saison, de qualité, frais, sains et bons. Merci.

 « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

Un humain vivant parmi tant d’autres,

Ni écolo, ni bobo,

Conscient, tout simplement.

SIVENS, symptôme d’une démocratie qui bredouille…

La tournure des évènements autour du projet controversé du barrage de Sivens -projet local devenu
malgré lui cause nationale- suscite dans la classe politique et dans les médias de nombreuses analyses
et questions.
La dimension tragique qui l’a frappée récemment touche chacun au plus profond de son sentiment
d’existence en tant que citoyen.
Nos responsables politiques sont dans leur rôle, qui en appèlent au respect de « l’état de droit », aux
règles qui prévalent dans le bon fonctionnement de tout « état démocratique », à la « condamnation de
la violence », etc…autant de notions sur lesquelles in abstracto, chacun s’accorde.
Ma réflexion voyage en plusieurs directions et à différents niveaux :
Concernant l’« état de droit », les règles propres au fonctionnement « démocratique » d’un pays et
leur application n’ont de valeur que si elles sont applicables par tous, à commencer par les hommes et
femmes élus en charge de la « chose publique ».
Leur exemplarité est le fil conducteur de la vie démocratique et leur manque de rigueur face au droit
(dans le cas de Sivens : fi des recours administratifs, de la teneur d’arrêtés préfectoraux, mésusage de
la concertation, tentative de passage en force etc…) gangrène, perverti, jette le trouble et le désordre
dans la vie publique.
Le citoyen « ordinaire » devient soupçonneux, critique et perd confiance dans des responsables
politiques qui ont fini au fil du temps par faire de la Politique un fond de commerce au service
d’intérêts plus individuels et corporatistes voire privés qu’au service d’un intérêt général.
En cause, et pour une grande part le faible renouvellement de la classe politique (et que ceux qui
veulent démissionner le fasse au plus vite !). Mandats et cumuls de mandats se répètent, enkystant les
mêmes aux affaires parfois sur des dizaines d’années.
En cause aussi l’aveuglement et l’habitude, la démobilisation et la lâcheté citoyenne de la majorité
silencieuse face à un pouvoir qui l’entretien … pour autant tout cela n’équivaut pas à un chèque en
blanc !
Cet état de fait entraîne des conséquences perverses dans la gestion décentralisée des territoires et
produit des effets délétères en termes de démocratie.
Cet « entre soi » de la gens politique de tous bords favorise la cuisine politicienne locale et avec elle
toutes formes d’abus dont l’Etat dans un silence assourdissant se rend complice –dans certains cas
malgré lui car dessaisi de façon inappropriée de certaines compétences- dans l’incapacité qu’il est à
jouer un rôle de tiers ou à faire preuve d’une saine autorité lorsque les éléments d’une situation la
requièrent.
La vie politique des élus réduite à deux mandats serait une mesure de salubrité politique publique. En
effet, la gestion d’un état, d’une région, d’une commune si elle exige formations et compétences, ne
peut être assimilée à une forme de statut professionnel et encore moins contribuer à construire une
carrière professionnelle personnelle ; il y a là un contresens.
Occuper de telles fonctions suppose un engagement « au service de » la collectivité, le service public,
le service des autres ; engagement qui compte tenu de son exigence ne peut se concevoir que pour un
temps limité … Il y en a qui font de cette fonction un combat et un engagement, et qui reviennent
ensuite à leurs affaires…
Notre démocratie souffre à divers titres de tous ses carriéristes :
Ce sont eux bien sûr qui donnent de la voix dans les médias et s’indignent sur notre « état de droit »
bafoué ; eux qui savent et donnent des leçons de démocratie tout en la confisquant, et qui abusent du
pouvoir qu’elle leur confère parfois depuis plus d’une génération…
On ne s’étonnera pas de l’état de sclérose dans lequel s’enlisent des lignes politiques et des projets
inadaptés à l’urgence de problématiques actuelles.
On ne s’étonnera pas non plus que le citoyen « ordinaire » se manifeste.
En effet, il est mis à contribution plus que de mesure depuis quelque temps pour alimenter les caisses,
ces tonneaux des Danaïdes ; il serait logique que puissent lui être rendus des comptes par ceux qui se
chargent d’effectuer les dépenses et qu’il ait son mot à dire un peu plus fréquemment qu’en périodes
d’élections…
La dette a bon dos ; cette abstraction qui nous est servie à longueur de journée est constituée des
gestions exorbitantes et calamiteuses d’un bon nombre de potentas nationaux et locaux, chacun
désireux de laisser derrière lui ou elle sur le dos des finances publiques la marque indélébile de son
passage aux affaires…( marque indélébile en effet, car tous effets conjugués à tous les niveaux de
dépenses publiques, cette trace marquera ainsi en toute impunité les générations qui suivent, à savoir
nos enfants !).
D’autres soucieux de la promotion de leurs territoires (avec une vision parfois très personnelle !)
s’enferment dans des projets dispendieux et surdimensionnés à l’image de ronds-points qui fleurissent
en rase campagne, ou de la construction d’une mairie neuve dans une commune de 180 personnes,
voire de projets de ports pharaoniques dont les études sont à la charge du contribuable et, près de chez
nous du projet de Sivens.
Des projets disproportionnés sur lesquels les élus s’entêtent au mépris d’une conjoncture économique
qu’ils sont les premiers à évoquer quand cela les arrange et à laquelle chaque citoyen se confronte de
plus en plus douloureusement au quotidien.
Des projets menés au mépris des divisions et des fractures qu’ils occasionnent au sein de la société.
Des projets infiltrés de conflits d’intérêts…
Ces pratiques sont souvent sournoises et dissimulées sous couvert de légalité : enquêtes soit disant
d’« intérêt public » dont les conclusions ne sont pas toujours respectées (cf barrage de Fourogue),
études, habillages administratifs rendant leur lecture opaque et dissuasive, etc…etc…
En ce qui concerne le projet de barrage de Sivens, s’il est légitime que les agriculteurs concernés par le
manque d’eau cherchent des solutions permettant l’amélioration de leur production et partant de leur
niveau de vie, cette légitimité ne l’est ni plus ni moins que pour tout un chacun qui tend vers une
évolution de son devenir et une progression de son outil de travail sans forcément en appeler aux
finances publiques !
Partant de là, il serait nécessaire de questionner la notion « d’utilité publique » et ses critères de
définition à la lumière des paramètres économiques, écologiques actuels et de la mettre en regard de la
notion de « bien commun ». L’eau, l’environnement, la nature entre autres font partie du patrimoine
commun qui exige de chacun protection et respect…
Sur ces sujets, et dans la gestion des biens communs, l’Etat et les collectivités locales doivent se
montrer particulièrement exemplaires en termes d’exercice démocratique ; exercice qui au delà des
votes en conseils municipaux, départementaux etc… supposerait des consultations élargies aux
citoyens.
Quelle pertinence y a t’il à qualifier d’« utilité publique » le projet de Sivens, un projet basé
essentiellement sur la conjugaison de besoins et d’intérêts privés limités à un nombre somme toute
restreint d’exploitations (regroupées pour la plupart sous la banière de la CACG, elle même ayant déjà
utilisé -par un passage en force- les moyens du département avec la complicité de son président pour
un projet déclaré par la suite illégal) ?
Qu’est ce qui justifie l’utilisation de fonds publics, régionaux, départementaux et de surcroît européens
pour financer ce projet sous cette forme ?
On croit rêver de voir que le département du Tarn serait suffisament pouvu pour apporter des
financements à un tel projet alors que pour avoir travaillé dans le secteur médico social et de la petite
enfance, j’ai pu mesurer à quel point les moyens du département en charge de ces services se sont
toujours avérés être à la baisse et ceci est plus que jamais d’actualité : baisses de financements,
diminutions des enveloppes, personnels non remplaçés et en sous effectifs pour des besoins de base
concernant la population qui sont immenses….
Le mot d’ordre serait aux économies… que comprendre ?
A intérêts privés financements privés, ce qui tout naturellement aurait largement abaissé le niveau de
prétention -quant à l’ouvrage- des professionnels concernés et les aurait amené à recourir à la
recherche d’ alternatives utilisées partout ailleurs.
Mais avec les fonds publics, d’une façon générale c’est « no limite » « no contrôle » et la gabegie
institutionnalisée…selon le bon vouloir d’institutionnels fort peu démocrates et selon un système
administratif qui stipule que l’utilisation en totalité des fonds publics aloués sur un exercice est la
condition de leur renouvellement l’année suivante. Alors, gaspillons … !
On ne s’étonnera pas que devant ces usages et injustices les citoyens et les associations cherchent à y
voir plus clair et que les jeunes prennent leur part de ce qui leur apparaît comme un combat, une lutte
légitime face à ce qui leur est servi et tracé pour l’avenir…

Jeunes qui pour un certain nombre -trop bien sûr- restent sur le bord de la route, sans projet ni espoir,
débarqués d’un système éducatif et d’enseignement éculé où ils n’ont jamais trouvé leur place,
système d’une violence inouïe, incapable de se réformer, tenu là aussi par des corporatismes sclérosés
agrippés à une administration, qui fait tous les jours malheureusement la preuve de ses limites et de ses
échecs.
On ne s’étonnera pas que n’ayant rien à perdre, des jeunes s’enfoncent dans la violence du désespoir et
la destruction.
La violence appelle la violence, et les trop nombreux contre-exemples qui émergent de certaines
pratiques politiques insidieuses et contestables reviennent dans le champ social en le percutant à la
manière d’un boomrang.
Le projet de barrage de Sivens est à ce titre symptômatique ;
Sivens-symptôme d’une démocratie vieillotte dont les pratiques sont celles d’un autre temps, une
démocratie frileuse et défensive qui marque le pas face à une société et une jeunesse qui se sentent mal
considérées et abusées parfois par ses élus, leurs pratiques et leurs collusions d’intérêts.
Sivens-symptôme d’une revendication citoyenne qui veut savoir, qui ne se satisfait plus de la langue
de bois, qui souhaite être entendue et qui appelle le respect.
La pratique de la démocratie dans un « état de droit » doit se vivre et non se décréter.
Le niveau d’abstention lors des élections est assez édifiant de la désaffection des citoyens pour la vie
politique tant est fort leur sentiment que celle ci leur est trop souvent confisquée.
Une démocratie vivante n’a pas peur des échanges et des confrontations de points de vue, elle se doit
d’intégrer à tous les niveaux de son exercice dans le champ du politique et dans le champ social des
instances de « veille citoyenne », « forums » et autres « consultations » afin de rester en contact avec
ceux au service desquels elle puise sa raison d’être.
I. M. ALBI

Regardez ! Ils vous font peur ?

À vous Monsieur Carcenac qui pensez que «c’est un peu bête… de mourir pour ses idées » et à vous Monsieur Fernandez qui invitez tous les élus à manifester pour le « rétablissement de l’ordre républicain » (celui des matraques et des grenades offensives), Regardez, ils vous font peur ? Ils vous font peur avec leurs vêtements colorés, avec leurs musiques, avec leurs nez de clowns ? À moins que ce soit avec leurs cheveux ? trop longs ? trop courts ? http://www.youtube.com/watch?v=km2ItaqinRM Regardez ! C’est ce que je viens de faire. Et je pleure de rage devant votre répression ; Et je pleure d’angoisse : un des leurs est mort d’une grenade offensive ; Et je pleure de joie devant leur liberté, devant leur solidarité. Oui, vous avez raison d’avoir peur : ils sont jeunes, ils ont des rêves et ils sont courageux ! Ils portent l’espoir. Catherine Damiano

Thierry COUET – Conseiller municipal de Jouqueviel

Quelques remarques

Tout à fait d’accord pour maintenir l’ordre républicain mais il est peut-être un peu tard pour réagir sans provoquer des effets secondaires non désirés. De fermes interventions au tout début de l’affaire, dès les premières illégalités, auraient ( ?) peut-être enrayé les débordements. Je crains qu’il ne soit trop tard.

Il se trouve que dans le passé récent (1990) je me suis trouvé à la tête d’une association (Viaur-Vivant qui existe toujours) refusant un barrage sur le Viaur (nettement plus gros que celui de Sivens). Des opposants « venus de l’extérieur » (y compris des renseignements généraux …) ont tenté d’infiltrer l’association locale sans succès. 24 ans plus tard, le contexte politique et social ne permettrait plus (probablement) aux opposants «  locaux de Viaur-Vivant » de s’opposer à un tel projet sans être débordé par des radicaux. Les opposants locaux (il y en a) au barrage de Sivens ont perdu le contrôle d’une situation que visiblement plus personne ne maîtrise vraiment. C’est pourquoi je pense que la réaction est bien trop tardive. Ajoutons que dans ce contexte, il serait peut-être opportun pour les élus de réfléchir sur les décisions à prendre quitte  à revenir sur celles qu’ils avaient prises auparavant.

En ce qui concerne le projet de lettre  au Préfet je suis en accord sur la première partie mais pas sur la seconde. Non, les programmes sur l’eau ne s’imposent pas : ils se discutent (et pas simplement par une procédure légale).  Je me permets de joindre un courrier envoyé à Thierry Carcenac avant que l’affaire de Sivens ne dégénère vraiment où je soulignais déjà ce problème qu’une bonne partie des élus ne semble pas avoir intégré.

Mourir pour des idées le 31 juillet 1914, le 26 octobre 2014

Le 31 juillet 1914, après s’être rendu au Palais-Bourbon, puis au quai d’Orsay pour tenter de convaincre les dirigeants du pays de ne pas faire la guerre,  Jean Jaurès  « repart vers l’Humanité pour écrire « l’article décisif », celui qui doit révéler les compromissions du gouvernement, la faillite des élites incapables de courage, l’inconséquence des dirigeants européens prêts à accepter la guerre sans en mesurer les conséquences. » (1)  Peu avant 22h dans la salle de restaurant où il est parti dîner, Jaurès est assassiné.

Le 26 octobre 2014 un jeune homme est tué par les forces de l’ordre dans une manifestation de défense l’environnement. M Carcenac, président du conseil général du Tarn, déclare alors que « Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête. »

1- Jean Jaurès – Gilles Candar & Vincent Duclert. Fayard 2014. p 36

Peut-on les laisser faire ?

On peut tirer au minimum une leçon des événements de Sivens : le fossé se creuse entre les attentes ou les initiatives de nombreux citoyens et les projets imposés par des décideurs qui mettent des intérêts particuliers, à la limite de la légalité et fort coûteux, au-dessus du bien commun. Et avec quelle violence ! Mais la leçon ne semble pas être parvenue à ces responsables… En effet, un tract tragi-comique appelle à une Sainte Alliance, entre des élus se prenant pour la République à eux-seuls et des organismes défenseurs d’intérêts corporatistes, pour manifester à Albi samedi prochain ! Signant ainsi leurs échecs et leurs collusions.

Quelles sont leurs revendications ? « Laissez-nous décider de l’avenir de nos territoires » et « que soit rétabli l’ordre républicain ». Ou encore : « les citoyens tarnais sont capables de prendre leurs responsabilités et de décider avec les représentants qu’ils ont élus… » Mais qu’en est-il lorsque ces citoyens prennent leurs responsabilités contre la décision de leurs représentants ? Pourquoi ces élus refusent-ils si souvent une vraie participation des citoyens à l’élaboration de projets dits « d’intérêt général » ? Par peur de manquer d’arguments ? Peur de rendre des comptes ? Le mépris est-il leur seule réponse à ceux qui osent interroger ?

L’ordre républicain ! De quoi veulent-ils parler ? De leur incapacité de dialogue ? De leur méthode du passage en force ? Du matraquage des opposants jusqu’à ce que mort s’en suive ? Qui sont les responsables de l’escalade de la violence ? Ces élus et ces lobbies sont-ils préoccupés de sauver la planète ou de défendre leur légitimité en péril ?

Nous ne laisserons plus les tenants de ces désordres-là donner des leçons d’ordre !
Nous ne les laisserons plus décider seuls du présent et de l’avenir !
Les élections ne sont pas un chèque en blanc, la république ne se résume pas à ces élus-es et la démocratie vaut mieux que ce qu’en font ces représentants-là.

CLEF Collectif Liberté Égalité Fraternité
CCI Collectif Citoyens Initiateurs
FLOP Fédération pour la liberté d’opposition
PTH Collectif « pourquoi tant de haine ? »