Réponse d’une élue à M. Fernandez

Monsieur le Président de l’association des Maires du Tarn

Je viens de recevoir un courriel appelant à un rassemblement des élus pour le rétablissement de l’ordre républicain.

Je suis indignée Monsieur Le Président lorsque vous m’incitez à signer une lettre de soutien à M. Le Préfet et à Monsieur le Président du conseil Général du Tarn, je ne partage pas vos méthodes, et là n’est pas votre rôle.

Je suis indignée Monsieur Le Président lorsque vous appelez les maires au rassemblement au nom de l’ordre républicain pour manifester dans la rue. Un maire doit avant tout apaiser ses concitoyens et non créer un désordre public et cela au moment où il faut  de faire preuve de courage, de sagesse et d’ouverture au dialogue.

Sachez Monsieur que je ne partage pas non plus votre façon de regarder l’avenir.

Durant un an, nous avons tous déployé un fervent intérêt à commémorer le centenaire de l’assassinat de J. Jaurès, homme de gauche et homme de paix, à quoi cela aura servi ? à quoi bon si nous n’avons pas compris qui était Jaurès et quel était son message? N’était-ce qu’une vitrine ? un faire-valoir ou une alors une façon de se donner bonne conscience ?

Voilà plus d’un an que la jeunesse s’épuise avec courage à dénoncer le projet de construction de Barrage à Sivens. Il aura fallu le décès de Remy Fraisse (21 ans) pour que l’on en parle dans les médias. Il aura fallu plus d’un an pour que les revendications aboutissent uniquement à une invitation à manifester au nom de l’ordre républicain contre notre jeunesse.

Je suis certaine en tant que citoyenne et élue, que nous vallons mieux que cela.

Monsieur je vous demande de ne plus m’importuner avec ce qui est pour moi une incitation à la répression et à la violence, je suis pour le dialogue et la paix dans le monde et cela commence à notre porte.

Recevez, Monsieur Le Président, mes salutations

Carole Métivet

Maire de Crespin

Il faut tirer les leçons de Sivens, pour que tout cela n’arrive plus.

billet de Guillaume CROS président du groupe EELV Conseiller régional de Midi-Pyrénées dans Médiapart

le lien vers Médiapart ici

Réponse au Président de l’association des maires et des élus du Tarn appelant à manifester pour le barrage de Sivens

Non Monsieur le Président de l’association des maires et des élu-es du Tarn, les élu-es responsables n’iront pas à la manifestation le 15 novembre à Albi.

Ce qui se passe à Sivens dépasse Sivens. On peut le regretter ou s’en féliciter mais c’est un fait  : quelle que soit la sortie, que je souhaite par le haut, il n’y aura ni vainqueur, ni vaincu.

D’abord parce que il y a eu un mort. Oui un mort. Et qu’on n’accuse pas les écologistes d’instrumentalisation. Rémi n’aurait jamais dû mourir à Sivens. Pas parce que c’est « stupide » mais parce qu ‘un barrage, une infrastructure quelle que soit sa dimension, son impact, ne justifie jamais la mort d’un jeune ou d’un moins jeune, d’un militant ou d’un policier… Par contre la mort de Rémi nous oblige à la dignité, à la décence et au respect. Monsieur le Président, comment pourrions-nous assumer, nous, élus de ce territoire, qu’un barrage soit construit à l’endroit même où un jeune homme s’est effondré victime d’une grenade offensive. Ce n’est éthiquement, symboliquement, intellectuellement pas envisageable.

Monsieur le Président, être un élu responsable c’est accepter de faire des erreurs, c’est reconnaitre qu’on peut faire des erreurs. Oui ce barrage est un mauvais projet. C’est du gaspillage d’argent public puisqu’il a été montré qu’il était sur dimensionné par rapport aux besoins actuels de la vallée.  En disant cela, je ne nie pas la nécessité de mieux gérer l’eau dans cette vallée y compris en construisant des retenus d’eau. Mais quand des experts remettent en cause les éléments présents dans l’enquête publique, montrent que des erreurs, oublis, inexactitudes entachent l’ensemble du dossier, ce n’est ni un aveu de faiblesse, ni déshonorant que de dire STOP. Non monsieur le Président, on ne peut pas se cacher derrière la légalité de la procédure puisque des experts du ministère de l’environnement ont montré que la procédure n’avait pas été respectée. Dans le Tarn il y a pourtant un précédent. A croire que nous n’avons rien appris du barrage de Fourogue construit dans l’illégalité, au nom de « l’Etat de droit ».

Nous sommes dans un monde qui évolue. Les modes de mobilisation changent. Les critiques envers les élus – la plupart du temps excessives  puisque la grande majorité d’entre nous travaille pour l’intérêt général – se cristallisent sur le manque d’écoute et la déconnexion avec ce que vivent nos concitoyen-nes. La méfiance envers la classe politique entraine abstention et votes extrêmes. Votre appel à manifester samedi ne fait qu’accentuer ce sentiment d’une classe politique acculée qui resserre les rangs pour mieux se protéger.

Au nom de ce que vous appelez l’Etat de droit, vous justifiez le fait que les décisions des élu-es ne pourraient en aucun cas être remises en question…  Je reste persuadé que pour qu’une décision légale devienne légitime elle doit être partagée. Les temps ont changé, les citoyens sont hyper informés, les communications se développent, les informations circulent vites… c’est une bonne chose et tout cela correspond à une forme de contrôle démocratique qui doit modifier les vieilles pratiques des élu-es dans l’élaboration des politiques construites trop souvent de façon technocratique et parfois hors sol. Sachons, nous les élu-es, profiter de ce merveilleux souffle démocratique. N’ayons pas peur de l’expertise citoyenne, acceptons d’être remis en cause, partageons nos doutes et ensuite, oui décidons car nous avons été élu-es pour ça. Vous le savez, à Sivens, rien de tout cela n’a été fait. L’expertise citoyenne remarquable du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet n’a jamais été reconnue et entendue.

Oui, c’est une autre façon de faire de la politique mais c’est la seule solution pour légitimer nos décisions car nous aurons enfin su les faire partager. C’est la seule solution pour que les citoyen-nes reviennent aux urnes et s’éloignent des votes extrêmes simplistes et dangereux.

Monsieur le Président, ces formes de mobilisation citoyenne, déjà expérimentées  sur le Larzac dans les années 70 et qui consistent à occuper des « zones à défendre » de façon pacifique sont appelées à se développer. Les occupants sont des lanceurs d’alerte et protègent des lieux considérés comme agressés. Ils sont profondément écologistes et pacifistes. Une mobilisation de ce type ne se fait pas à la légère. C’est toujours pour des raisons valables.  S’il y avait eu des «  zadistes » à Fourogue, le barrage illégal n’aurait pas été construit. La société bouge. Les modes de mobilisation aussi. Les « zadistes » ne sont pas les marginaux anarchistes que certain-es décrivent. Ils sont jeunes ou moins jeunes, diplômés ou pas, étudiants, salariés, artisans, sans travail… profondément écologistes, même si pas toujours politisés mais avec des convictions ancrées au corps.  Y répondre par le mépris ou pire par la violence ne fait qu’accentuer ce sentiment d’une classe politique hors sol, sur la défensive, incapable d’être à l’écoute.

Sivens pose aussi la question des modalités qui permettent de déclarer un projet d’utilité publique ou d’intérêt général. Il faut les modifier pour accélérer les procédures, pour permettre de tenir compte de l’expertise citoyenne, pour séparer le propositionnel du décisionnel, pour étudier sérieusement les alternatives… Sivens doit permettre de faire évoluer la législation dans ce domaine comme dans celui de l’utilisation d’armes de guerre lors de manifestations citoyennes.

Il faut tirer les leçons de Sivens, pour que tout cela n’arrive plus.

Oui Monsieur le Président, il y a eu un passage en force sur ce projet. La montée continue de la violence que j’ai pu constater et que j’ai même subi n’est pas acceptable. Elle a abouti à la mort de Rémi Fraisse, personne ne peut le contester. La justice doit faire son travail sereinement.

Maintenant, les acteurs du dossier doivent pouvoir travailler ensemble pour répondre aux réels besoins en eau de la vallée. Je l’ai déjà dit, il n’y aura ni vainqueurs, ni vaincus. Il ne restera que des femmes et des hommes meurtris par la mort d’un jeune homme. Mais les politiques que nous sommes doivent tout faire, à partir de la situation actuelle, pour faciliter le dialogue, pour mettre de l’huile dans les rouages, pour faciliter les prises de décision acceptables, pour aboutir au compromis. Mais pas appeler à manifester samedi.

Guillaume Cros

Président de groupe EELV

Conseil Régional de Midi-Pyrénées

Lettre ouverte aux conseillers généraux du Tarn

5 bonnes raisons de vous demander de reconsidérer le projet de barrage de Sivens
Valdéroise, Tarnaise, je suis une citoyenne tout simplement et je pense que chaque citoyen a une légitimité pour exprimer ce qu’il pense d’un projet, quelle que soit sa taille, parce qu’il a un impact sur le territoire où il vit. De plus, depuis plusieurs mois, la gestion de ce projet a été un révélateur des carences de notre fonctionnement démocratique dont chacun peut s’émouvoir.
Je vous propose donc 5 bonnes raisons de voir dans l’abandon d’un projet, une nouvelle chance
pour nous tous :
Pour un nouveau projet qui respecte les principes du développement durable: vous avez devant vous moult expertises, rapports, avis. Il est encore temps d’ouvrir les yeux pour les lire, d’ouvrir les oreilles pour écouter les arguments, les propositions de ceux que vous avez considérés jusqu’à présent comme des opposants obstinés. Et si aujourd’hui vous les considériez comme des êtres sensés doués de raison ?
Non vous n’allez pas simplement renoncer à un projet. Vous avez devant vous l’occasion d’en bâtir un nouveau.
Pour un projet sans conflits d’intérêt : dans ce dossier, on ne peut qu’être perplexe devant les liens « consanguins » entre les organismes maitres d’ouvrages, financeurs, bureaux d’étude, maitres d’œuvre. De plus, sans mettre en cause l’honnêteté des personnes, comment les mêmes élus peuvent-ils siéger dans ces différentes instances et avoir encore un avis objectif sur un dossier ? Ce projet est né tel un être difforme victime d’une consanguinité qui n’a que trop duré. Donnez naissance à un être harmonieux.
Pour un projet sans les stigmates de la violence : d’où qu’elle vienne la violence physique qui dégrade, qui blesse, qui tue est condamnable. Mais il est d’autres formes de violence tout aussi condamnables :
– la violence des mots qui mentent, qui avilissent, qui mésestiment, qui qualifient de bêtise une prise de position citoyenne
– la violence de l’obstination et du refus de dialogue, la violence de l’argument de la légalité face à une demande de débat
Ne vous drapez pas dans votre dignité par obstination qui se transforme en violence. Ouvrez un dialogue pacifiste.
Pour un projet qui respecte légalité et légitimité : oui ce projet a été voté à une large majorité par l’Assemblée départementale ; oui il a été déclaré d’utilité publique. Mais sur quelles bases ? Le respect des procédures juridiques ne garantit pas de la légitimité d’un projet. Nos procédures ne seraient elles pas à reconsidérer car ne sont elles pas à la source du blocage des débats ? D’autres exemples (y compris dans notre département) montrent bien que des projets similaires, votés, déclarés d’utilité publique sont ultérieurement juridiquement remis en cause. Mais entre temps l’ouvrage a été construit et ne sera jamais détruit. N’est ce pas une incitation pour les maîtres d’ouvrage publics à passer en force ? N’est ce pas ce qui provoque le durcissement des échanges puis les manifestations, les occupations et au final l’apparition de la violence ?
Ne restez pas abriter devant cet argument de la légalité. Recherchez les voies et les voix pour un projet légitime.
Pour un projet exemplaire de notre démocratie : prenons la définition de la démocratie dans le dictionnaire Larousse : Système politique, forme de gouvernement dans lequel la souveraineté émane du peuple. La souveraineté émane du peuple. Par les élections le peuple ne délègue pas aveuglément sa souveraineté aux maires, conseilles généraux, députés, … Par nos votes nous ne donnons pas la toute puissance à nos élus. Nous leur confions des responsabilités, nous leur demandons la transparence sur leurs décisions, décisions sur lesquelles « le peuple » garde un droit de regard.

Mesdames, Messieurs les conseillers généraux, en reconsidérant ce projet sur le fonds et la forme, en acceptant le dialogue vous n’aurez pas laissé piétiner la démocratie. Non, vous n’aurez pas reculé devant la violence, vous aurez avancé vers la démocratie, la vraie.
Mesdames, Messieurs les Conseillers Généraux, je garde un profond respect pour les élus de la République et je suis consciente des charges qui leur incombent.
Mais, Mesdames et Messieurs les Conseillers généraux, saisissez l’occasion qui vous est donnée de montrer à vos concitoyens qu’ils ont raison de vous accorder leur vote, leur confiance parce que vous les respectez et vous les écoutez.

Elisabeth CARLIER
81350 – Valderies
Lettre ouverte adressée à tous les conseillers généraux du département du Tarn
Copie transmise au Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet ainsi qu’au Collectif
« Tant qu’il y aura de bouilles »

Lettre ouverte d’un simple citoyen aux mandatés « élus » par de simples citoyens.

Sivens ou comment mourir d’être démocrate…

N’étant qu’un simple citoyen, je me suis interrogé sur  l’opportunité et l’adéquation de mon éventuelle intervention dans ce débat : J’imagine les commentaires méprisants de certains de ces élus qui s’approprient sans scrupule une légitimité absolue que rien ni personne ne pourrait, dés lors, leur contester. Comment débattre avec de telles personnes ?

Forts des voix qui leurs ont confié un mandat,  ces « élus » seraient ils patentés pour n’en faire qu’à leur tête, sans avoir à tenir compte que ces voix continuent à leur parler ?

Ces porteurs de la voix du peuple,  oseraient ils se réjouir que leur action puisse être confortée par des opérations de police tendant à étouffer le droit à la parole de ce même peuple ?

Ces élus du peuple prétendraient ils défiler pour féliciter et conforter les responsables de ces actions de police dont la violence a produit mort d’homme ?

Si cela devait être confirmé, alors oui, même simple citoyen il y a bien lieu de protester et d’intervenir dans ce débat, qui n’est plus seulement un débat , mais un combat contre tous ceux qui prétendent s’approprier des pouvoirs en pervertissant la démocratie : de Fourogue à Sivens et au-delà…

Michel VINCENT

Des citoyens écrivent au président Carcenac et à S Fernandez

Monsieur le Président,

Autrichiens, installés  dans le Tarn depuis quatre ans, nous sommes profondément choqués par l’escalade de violence lors des derniers événements autour du barrage de Sivens.

À nos yeux, la France est le berceau de la démocratie, favorisant les échanges de dialogues pacifiques. Or, les divergences d’opinion ont conduit à la mort d’un être humain, ce qui va à l’encontre de cette conception.
Vous écrivez: « Il me paraît urgent de rappeler que dans un état de Droit, les décisions prises par les élus, dans le respect des règles démocratiques, ne sauraient en aucun cas être remises en question. »
Êtes-vous sûr que cela respecte les principes démocratiques? Pensez-vous vraiment que cela reflète l’état d’esprit de votre électorat?

Sans prendre position concernant la réalisation de ce barrage, nous redoutons, que la manifestation remette le feu aux poudres.

Respectueusement,

Sabine Gally
Gerald Ebner

Lettre de Christine Bourdallé, citoyenne tarnaise

A l’attention des élus du Tarn

je suis une citoyenne tarnaise et contrairement à ce qu’il est écrit dans l’appel à manifester le 15 novembre , appel intitulé « laissez-nous décider de l’avenir de nos territoires », je soutiens que nous sommes nombreux habitants du Tarn à ne pas être d’accord avec les choix d’aménagement du territoire fait par les élus du Conseil Général.

La crise dont on nous parle depuis des années, cette crise à la fois écologique, sociale, économique, nous a conduit au pied du mur, ou au bord du précipice , ou encore au beau milieu des icebergs : ce que l’on vous nomme contestations, faits inacceptables, exactions, désordre républicain, ne sont que des tentatives désespérées pour faire entendre les voix qui s’élèvent toujours plus nombreuses pour dénoncer les choix faits – choix que nous croyions encore il y a quelques semaines faits au nom des citoyens ,pour l’intérêt collectif de notre société.

Ces voix s’élèvent depuis plus de 70 ans , d’abord simples mises en garde, elles sont maintenant devenues des clameurs : nous sommes des citoyens en effet responsables, éduqués , informés et nous avons compris qu’il faut s’arrêter et changer de cap ; les plus jeunes sont les plus révoltés, c’est le privilège et la force de la jeunesse, mais tous les âges se sont levés et notre soif d’une société plus humaine et plus respectueuse crée une vitalité qui déborde des berges que les oligarques ont bétonnées.

Sivens n’est que la partie émergée de l’iceberg ;si nous ne ralentissons pas sérieusement la vapeur, le Titanic sombrera très rapidement..avec élus et électeurs…

Elus , contrairement à ce qu’on vous essaie de vous faire croire : chaque décision que vous prenez PEUT être remise en question par vos électeurs, sans attendre les élections suivantes, et DOIT l’être si des doutes se font jour quand à son intérêt pour la collectivité.

Vous pouvez donc aller manifester le samedi 15 Novembre si le cœur vous en dit, mais soyez sûr que vous ne manifestez qu’en votre nom propre , et non pas au nom de vos électeurs.

Mais vous pouvez aussi ouvrir vos coeurs et vos yeux, arrêter de croire qu’il y a les bons et les méchants, les sages et les sots, et essayer d’imaginer avec nous un monde meilleur, un monde différent. Les solutions qui nous sont proposées depuis des décennies ne sont pas les bonnes , sinon nous n’en serions pas là….

Christine Bourdallé, citoyenne tarnaise

Christophe JUAN – Adjoint au Maire de Couffouleux

Monsieur le Président,

Je viens de prendre connaissance de votre message. Je dois vous avouer que son contenu me choque, en tant que citoyen, mais aussi en tant qu’élu, puisque c’est à ce titre que vous m’écrivez.

Il me choque parce qu’il intervient à un moment où l’apaisement est des plus nécessaire, appelé de ses vœux par la Ministre de l’Écologie. Je reconnais, certes, que le sens des responsabilités qu’a montré cette dernière en la circonstance est des plus relatifs, puisqu’elle a fait semblant de découvrir un projet d’aménagement que les services de l’État ont estimé nécessaire il y a plusieurs années et ont accepté de financer. Mais, après le décès d’un manifestant, et sans que l’on sache pour le moment quel enchaînement de circonstances a conduit à sa mort, il m’apparaît peu « apaisant » de se réjouir de la façon dont les services de maintien de l’ordre républicain ont justement « maintenu » ce dernier.

Or, vous nous invitez à adresser à Monsieur le Préfet, représentant ce même État dans le département, ainsi qu’au Président du Conseil Général du Tarn un courrier de soutien, dont vous nous fournissez le modèle. Je tiens à vous assurer que je respecte ces personnes et ce qu’elles représentent. Je pense aussi être respectueux du personnel des administrations d’État, les services de police et de gendarmerie notamment, et des collectivités territoriales : je n’approuve pas, à titre personnel, les insultes et agressions dont elles pu souffrir dans le cadre des désaccords liés au projet de la retenue de Sivens. Mais je n’approuve pas, de la même façon, que dans l’exercice, difficile, de leurs missions, les forces de police et de gendarmerie dépassent de loin la mesure qu’on est en droit d’attendre de leur part : que ce soit dans leurs mots ou dans l’usage de leur moyens d’action. Mesure qu’elles sont bien capables d’observer dans d’autres circonstances, lorsque, par exemple, les personnes répondant à l’appel des syndicats agricoles mènent des actions de dégradation des biens publics. Je n’enverrai donc pas ce courrier.

Tout comme je ne répondrai pas à l’invitation que vous nous faites à rejoindre les rangs du rassemblement « citoyen et pacifique » initié par l’association Tarn Ruralité (qui regroupe les fédérations départementales de chasseurs, pêcheurs, le syndicat des propriétaires sylviculteurs, la FDSEA et la Chambre d’Agriculture) prévu le 15 novembre à Albi. Je ne souhaite pas être associé à cet appel, tout comme, je pense, un certain nombre de Tarnais.

Vous écrivez dans votre message : « Il me paraît urgent de rappeler que dans un état de Droit, les décisions prises par les élus, dans le respect des règles démocratiques, ne sauraient en aucun cas être remises en question. » Pour ma part, je ne pense pas que légalité soit forcément synonyme de légitimité et donc, qu’en toutes circonstances, le respect des règles démocratiques n’exonère en rien les représentants des citoyens de leur devoir d’accepter, une fois élus, d’être mis en question et de rendre des comptes à tout ou partie de ces citoyens.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en mes sentiments respectueux.