Lettre ouverte d’un simple citoyen aux mandatés « élus » par de simples citoyens.

Sivens ou comment mourir d’être démocrate…

N’étant qu’un simple citoyen, je me suis interrogé sur  l’opportunité et l’adéquation de mon éventuelle intervention dans ce débat : J’imagine les commentaires méprisants de certains de ces élus qui s’approprient sans scrupule une légitimité absolue que rien ni personne ne pourrait, dés lors, leur contester. Comment débattre avec de telles personnes ?

Forts des voix qui leurs ont confié un mandat,  ces « élus » seraient ils patentés pour n’en faire qu’à leur tête, sans avoir à tenir compte que ces voix continuent à leur parler ?

Ces porteurs de la voix du peuple,  oseraient ils se réjouir que leur action puisse être confortée par des opérations de police tendant à étouffer le droit à la parole de ce même peuple ?

Ces élus du peuple prétendraient ils défiler pour féliciter et conforter les responsables de ces actions de police dont la violence a produit mort d’homme ?

Si cela devait être confirmé, alors oui, même simple citoyen il y a bien lieu de protester et d’intervenir dans ce débat, qui n’est plus seulement un débat , mais un combat contre tous ceux qui prétendent s’approprier des pouvoirs en pervertissant la démocratie : de Fourogue à Sivens et au-delà…

Michel VINCENT

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Des citoyens écrivent au président Carcenac et à S Fernandez

Monsieur le Président,

Autrichiens, installés  dans le Tarn depuis quatre ans, nous sommes profondément choqués par l’escalade de violence lors des derniers événements autour du barrage de Sivens.

À nos yeux, la France est le berceau de la démocratie, favorisant les échanges de dialogues pacifiques. Or, les divergences d’opinion ont conduit à la mort d’un être humain, ce qui va à l’encontre de cette conception.
Vous écrivez: « Il me paraît urgent de rappeler que dans un état de Droit, les décisions prises par les élus, dans le respect des règles démocratiques, ne sauraient en aucun cas être remises en question. »
Êtes-vous sûr que cela respecte les principes démocratiques? Pensez-vous vraiment que cela reflète l’état d’esprit de votre électorat?

Sans prendre position concernant la réalisation de ce barrage, nous redoutons, que la manifestation remette le feu aux poudres.

Respectueusement,

Sabine Gally
Gerald Ebner

Regardez ! Ils vous font peur ?

À vous Monsieur Carcenac qui pensez que «c’est un peu bête… de mourir pour ses idées » et à vous Monsieur Fernandez qui invitez tous les élus à manifester pour le « rétablissement de l’ordre républicain » (celui des matraques et des grenades offensives), Regardez, ils vous font peur ? Ils vous font peur avec leurs vêtements colorés, avec leurs musiques, avec leurs nez de clowns ? À moins que ce soit avec leurs cheveux ? trop longs ? trop courts ? http://www.youtube.com/watch?v=km2ItaqinRM Regardez ! C’est ce que je viens de faire. Et je pleure de rage devant votre répression ; Et je pleure d’angoisse : un des leurs est mort d’une grenade offensive ; Et je pleure de joie devant leur liberté, devant leur solidarité. Oui, vous avez raison d’avoir peur : ils sont jeunes, ils ont des rêves et ils sont courageux ! Ils portent l’espoir. Catherine Damiano

Lettre de Christine Bourdallé, citoyenne tarnaise

A l’attention des élus du Tarn

je suis une citoyenne tarnaise et contrairement à ce qu’il est écrit dans l’appel à manifester le 15 novembre , appel intitulé « laissez-nous décider de l’avenir de nos territoires », je soutiens que nous sommes nombreux habitants du Tarn à ne pas être d’accord avec les choix d’aménagement du territoire fait par les élus du Conseil Général.

La crise dont on nous parle depuis des années, cette crise à la fois écologique, sociale, économique, nous a conduit au pied du mur, ou au bord du précipice , ou encore au beau milieu des icebergs : ce que l’on vous nomme contestations, faits inacceptables, exactions, désordre républicain, ne sont que des tentatives désespérées pour faire entendre les voix qui s’élèvent toujours plus nombreuses pour dénoncer les choix faits – choix que nous croyions encore il y a quelques semaines faits au nom des citoyens ,pour l’intérêt collectif de notre société.

Ces voix s’élèvent depuis plus de 70 ans , d’abord simples mises en garde, elles sont maintenant devenues des clameurs : nous sommes des citoyens en effet responsables, éduqués , informés et nous avons compris qu’il faut s’arrêter et changer de cap ; les plus jeunes sont les plus révoltés, c’est le privilège et la force de la jeunesse, mais tous les âges se sont levés et notre soif d’une société plus humaine et plus respectueuse crée une vitalité qui déborde des berges que les oligarques ont bétonnées.

Sivens n’est que la partie émergée de l’iceberg ;si nous ne ralentissons pas sérieusement la vapeur, le Titanic sombrera très rapidement..avec élus et électeurs…

Elus , contrairement à ce qu’on vous essaie de vous faire croire : chaque décision que vous prenez PEUT être remise en question par vos électeurs, sans attendre les élections suivantes, et DOIT l’être si des doutes se font jour quand à son intérêt pour la collectivité.

Vous pouvez donc aller manifester le samedi 15 Novembre si le cœur vous en dit, mais soyez sûr que vous ne manifestez qu’en votre nom propre , et non pas au nom de vos électeurs.

Mais vous pouvez aussi ouvrir vos coeurs et vos yeux, arrêter de croire qu’il y a les bons et les méchants, les sages et les sots, et essayer d’imaginer avec nous un monde meilleur, un monde différent. Les solutions qui nous sont proposées depuis des décennies ne sont pas les bonnes , sinon nous n’en serions pas là….

Christine Bourdallé, citoyenne tarnaise

Christophe JUAN – Adjoint au Maire de Couffouleux

Monsieur le Président,

Je viens de prendre connaissance de votre message. Je dois vous avouer que son contenu me choque, en tant que citoyen, mais aussi en tant qu’élu, puisque c’est à ce titre que vous m’écrivez.

Il me choque parce qu’il intervient à un moment où l’apaisement est des plus nécessaire, appelé de ses vœux par la Ministre de l’Écologie. Je reconnais, certes, que le sens des responsabilités qu’a montré cette dernière en la circonstance est des plus relatifs, puisqu’elle a fait semblant de découvrir un projet d’aménagement que les services de l’État ont estimé nécessaire il y a plusieurs années et ont accepté de financer. Mais, après le décès d’un manifestant, et sans que l’on sache pour le moment quel enchaînement de circonstances a conduit à sa mort, il m’apparaît peu « apaisant » de se réjouir de la façon dont les services de maintien de l’ordre républicain ont justement « maintenu » ce dernier.

Or, vous nous invitez à adresser à Monsieur le Préfet, représentant ce même État dans le département, ainsi qu’au Président du Conseil Général du Tarn un courrier de soutien, dont vous nous fournissez le modèle. Je tiens à vous assurer que je respecte ces personnes et ce qu’elles représentent. Je pense aussi être respectueux du personnel des administrations d’État, les services de police et de gendarmerie notamment, et des collectivités territoriales : je n’approuve pas, à titre personnel, les insultes et agressions dont elles pu souffrir dans le cadre des désaccords liés au projet de la retenue de Sivens. Mais je n’approuve pas, de la même façon, que dans l’exercice, difficile, de leurs missions, les forces de police et de gendarmerie dépassent de loin la mesure qu’on est en droit d’attendre de leur part : que ce soit dans leurs mots ou dans l’usage de leur moyens d’action. Mesure qu’elles sont bien capables d’observer dans d’autres circonstances, lorsque, par exemple, les personnes répondant à l’appel des syndicats agricoles mènent des actions de dégradation des biens publics. Je n’enverrai donc pas ce courrier.

Tout comme je ne répondrai pas à l’invitation que vous nous faites à rejoindre les rangs du rassemblement « citoyen et pacifique » initié par l’association Tarn Ruralité (qui regroupe les fédérations départementales de chasseurs, pêcheurs, le syndicat des propriétaires sylviculteurs, la FDSEA et la Chambre d’Agriculture) prévu le 15 novembre à Albi. Je ne souhaite pas être associé à cet appel, tout comme, je pense, un certain nombre de Tarnais.

Vous écrivez dans votre message : « Il me paraît urgent de rappeler que dans un état de Droit, les décisions prises par les élus, dans le respect des règles démocratiques, ne sauraient en aucun cas être remises en question. » Pour ma part, je ne pense pas que légalité soit forcément synonyme de légitimité et donc, qu’en toutes circonstances, le respect des règles démocratiques n’exonère en rien les représentants des citoyens de leur devoir d’accepter, une fois élus, d’être mis en question et de rendre des comptes à tout ou partie de ces citoyens.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en mes sentiments respectueux.

Christophe POUYANNE – Maire d’Appelle

Monsieur le Président de l’association des Maires,
J’ai bien reçu votre courriel appelant à un rassemblement des élus pour le rétablissement de l’ordre républicain (?)
Au delà du fait que je trouve cette initiative mal venue, partisane, dont je ne partage pas l’analyse et qui, surtout,  n’est pas de nature à calmer les esprits dans le contexte actuel, il se trouve que vous venez de m’envoyer, par ce courriel, toutes les adresses mails de tous les élus du Tarn. Nous pouvons donc recevoir, tous, potentiellement, des milliers de mails.
Je vous laisse imaginer  l’utilisation que l’on peut faire de cette liste.
Si cela se passe, je me verrais dans l’obligation, pour éviter d’étouffer ma messagerie, de mettre toute cette liste d’élus (dont je fais partie) comme “indésirables”. Est ce cela que nous allons devenir? Des “indésirables”?…
Comme je ne soutiens pas cette initiative, je souhaiterais ne plus faire partie de cette liste.
Respectueusement

Thierry COUET – Conseiller municipal de Jouqueviel

Quelques remarques

Tout à fait d’accord pour maintenir l’ordre républicain mais il est peut-être un peu tard pour réagir sans provoquer des effets secondaires non désirés. De fermes interventions au tout début de l’affaire, dès les premières illégalités, auraient ( ?) peut-être enrayé les débordements. Je crains qu’il ne soit trop tard.

Il se trouve que dans le passé récent (1990) je me suis trouvé à la tête d’une association (Viaur-Vivant qui existe toujours) refusant un barrage sur le Viaur (nettement plus gros que celui de Sivens). Des opposants « venus de l’extérieur » (y compris des renseignements généraux …) ont tenté d’infiltrer l’association locale sans succès. 24 ans plus tard, le contexte politique et social ne permettrait plus (probablement) aux opposants «  locaux de Viaur-Vivant » de s’opposer à un tel projet sans être débordé par des radicaux. Les opposants locaux (il y en a) au barrage de Sivens ont perdu le contrôle d’une situation que visiblement plus personne ne maîtrise vraiment. C’est pourquoi je pense que la réaction est bien trop tardive. Ajoutons que dans ce contexte, il serait peut-être opportun pour les élus de réfléchir sur les décisions à prendre quitte  à revenir sur celles qu’ils avaient prises auparavant.

En ce qui concerne le projet de lettre  au Préfet je suis en accord sur la première partie mais pas sur la seconde. Non, les programmes sur l’eau ne s’imposent pas : ils se discutent (et pas simplement par une procédure légale).  Je me permets de joindre un courrier envoyé à Thierry Carcenac avant que l’affaire de Sivens ne dégénère vraiment où je soulignais déjà ce problème qu’une bonne partie des élus ne semble pas avoir intégré.